Le 16 février à l'initiative du cabinet BPI Leroy Consultants se tenait, dans leurs magnifiques locaux de la rue Vivienne, une conférence dont le sujet "développer sa bonne réputation sur la Toile" avait attiré plus de cent personnes dont une majorité de cadres en phase de transition. Plus qu'un véritable phénomène de mode avec le développement logarithmique des réseaux sociaux (Viadeo, Linkedin, Beboomer, Twitter, Facebook, etc.) la "mise en contact" (les relations, le piston, la recommandation, l'introduction, disait-on avant la "bulle internet") qui, de nos jours, favorise de plus en plus l'activité économique et professionnelle dans sa globalité, est le nerf de la guerre pour le retour à une activité qu'on soit jeune ou vieux. Le thème de cette conférence m'a semblé tellement d'actualité que j'ai souhaité vous faire partager les informations sur les sujets qui y furent débattus auxquelles j'ai rajouté le résultat de mes recherches personnelles.

Le community manager: on connaissait déjà le webmaster plus spécialisé dans la maintenance d'un site. Avec les forums et autres hubs nous voyons apparaître l'émergence d'une nouvelle fonction: celle de créer, animer, gérer les communautés - ensemble cohérent de personnes répondant à la même préoccupation temporaire ou pérenne – avec pour objectif premier de favoriser la mise en contact, l'échange, le partage d'expérience et, toutes ces bonnes pratiques qui permettent de dynamiser la transmission de l'information. Un de ces forums/hubs peut être focalisé sur le retour des seniors à une activité professionnelle. Le WEB 2.0 avec sa fonction collaborative a créé la fonction de community manager1. Ce poste est en quelque sorte le garant de la "bonne réputation" des membres de la communauté dont il s'occupe. Viadéo ou Linkedin sont quelques uns des principaux exemples. La simplicité (appropriation, gestion, suivi, convivialité) avec un maximum de fonctionnalités complémentaires et professionnelles, le nombre des inscrits et de forums/hubs actifs garantissent le succès du site. Il faut savoir que la fonction de community manager reste par vocation invisible et ne sert que l'intérêt de la communauté par sa mise en valeur en offrant le plus possibilités et d'efficacité pour l'échange entre ses membres.

Le réseau social, les forums/hubs : C'est une place où les participants peuvent venir faire leur premier pas puis développer leur visibilité/notoriété sur la Toile.Leur apprentissage devra profiter du feed-back de leurs "compratriotes". Ils pourront plus facilement transposer leurs actions sur les réseaux sociaux de dimension plus universelles (Facebook, Twitter). Le réseau social professionnel est véritablement le lieu idéal et privilégié pour partager ses expériences métiers réussies dont les méthodologies de mise en place sont facilement reproductibles par les personnes qui sentent le besoin de ce type d'aide et d'approche. Il sert aussi à se "décentrer", à se remettre en question ou s'ouvrir des horizons. Au travers des forums/hubs, le lien permanent ainsi créé avec nos semblables permet de garder le moral: c'est l'histoire de la passion qui entraine la passion, qui donne envie d'avoir envie.   

La bonne/mauvaise réputation : en tout état de cause même si on n'est pas un professionnel de la communication, il ne faut pas hésiter à faire un minimum (1 profil sur 1 réseau social) : c'est plus qu'indispensable, c'est vital de nos jours. Mais de manière équivalente à tous les vecteurs de communication, les bonnes pratiques sont toutes de l'ordre du bon sens. Avant de se lancer dans le "réseautage" il faut s'informer :

  • ·voir les sujets "comment réseauter" sur la Toile et/ou lire le livre d'Hervé BOMMELAER (le pape du réseau social: le lien est dans la fenêtre de gauche)
  • ·Réfléchir (retourner 7 fois son doigt sur le clavier) avant de laisser toute "trace" (indélébile) sur internet
  • ·Agir en cohérence avec sa stratégie, ses objectifs, son projet et ses moyens
  • ·Eviter les prises de positions, les provocations trop marquées/décalées
  • ·Ne jamais être agressif
  • ·Employer la qualité au détriment de la quantité (même pour l'humour)
  • ·Eviter une propension à la critique systématique
  • ·Rester honnêtes et soi-même
  • ·Etre aussi transparent qu'il le faut
  • ·Prendre position avec "son intime conviction"
  • ·Apporter des services : le réseau ne fonctionne que s'il y a échange
  • ·Participer (donner des commentaires) de manière argumentée à la vie de la Toile (forum, commentaires, blog,tag, etc.)
  • ·Se singulariser sans se ridiculiser
  • ·Eviter de se disperser, de dépenser son énergie si cela ne va pas dans le sens de son projet
  • ·Avoir un profil de référence et dupliquer au besoin sur un nombre de réseaux sociaux habilement sélectionnés
  • ·Peser le pour et le contre avant choisir d'entrer dans des outils très mode : Twitter, Facebook
  • ·Avoir conscience des "dégâts" que le non respect de ses bonnes pratiques peut causer et les "gérer"

Mesure de la visibilité/notoriété : même s'il ne faut pas s'attendre à des miracles immédiats, il est évident qu'à partir du moment où des "signes" émanent de nos actions, le taux de visibilité ne va pas cesser de croître. Ajouter un référencement (Google, Bing, Yahoo, etc.) judicieux gratuit et/ou payant ne rendra que plus efficace nos efforts. Il faut certes comprendre qu'un certain "silence assourdissant" s'établira de manière inévitable pendant un premier temps. Il sera d'autant plus réduit que vos communications apporteront des réponses aux attentes des internautes et autres membres de vos communautés. En général, même si le niveau de notoriété est en corrélation positive avec celui de vos "interventions, Il est habituellement reconnu que

  • ·80% des participants à une communauté regardent et lisent
  • ·De 10 à 20% posent des questions
  • ·De 3 à 10% contribuent et répondent
  • ·De 0 à 3% créent des sujets de discussion

Donc la plus grande patience et humilité est de mise. Mais les résultats sont au rendez-vous. Pour preuve l'histoire édifiante, mais pas unique, d'une personne qui s'est lancée à l'exercice en créant son site basée sur sa passion pour les recettes de cuisine, alors que son métier de base était plutôt "marketing oriented" et qui a fini par être contactée professionnellement par un grand site féminin.

Pour rajouter à tous ces bons conseils  je vous apporte quelques axes de réflexion complémentaires:

  • ·Soyons curieux de nous-même: n'attendons pas d'être avertis par notre réseau ou de recevoir un SCUD de la part de notre hiérarchie,  qui aura aperçu en allant rechercher sur la Toile des informations préjudiciables à notre réputation, pour savoir ce qui n'est pas conforme à notre stratégie. Prenons les devants régulièrement/périodiquement et interrogeons les moteurs de recherche en donnant notre nom comme critère. Les résultats peuvent-être édifiants/surprenants.
  • ·Limitons les données que nous déposons sur la toile. D'après une statistique (source: Opinion Matters) 92% des diffusions sont des mails, 75% des adresses postales, 51% des photos. Lisez bien les CGU (conditions générales d'utilisation) pour ne pas être obligé de diffuser ce que nous ne souhaitons pas ou en limiter l'accès qu'à un réseau bien identifié.
  • ·Sur-diffuser : comme la Toile empêche la destruction des infos qui ne nous conviennent pas, faisons en sorte que ces "liens" n'apparaissent pas sur les premières pages (80% des internautes ne vont pas plus loin) des plus réputés des moteurs de recherches. Créons nous-même suffisamment de matière indexée pour repousser les infos dérangeantes aux pages suivantes.

Conclusions : comme quoi s'il est très facile de se créer une "mauvaise réputation" en ne suivant pas les bonnes pratiques, le contraire est plus difficile. L'accès et l'usage de la Toile sont devenus vraiment à la portée de tous. Et si malgré tous ces conseils une désagréable surprise surgissait sans que vous sachiez comment la résoudre, apprenez qu'il existe désormais des sociétés de services spécialisées dans le "nettoyage" de votre "mauvaise réputation". Enfin posez-vous la question : Pour quelle raison donnerais-je à un inconnu rencontré dans la rue une information me concernant ? Réponse: aucune. Sur la Toile c'est la  même réponse, en pire (l'être humain peut oublier mais nous n'avons pas encore la preuve que la Toile peut le faire). C'est bien là un des paradoxes d'internet qui est un outil de communication de type "libéral".